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mercredi 13 avril 2016

Une bonne raison d'aller à Molenbeek: Le MIMA de Bruxelles - Millennium Iconoclast Museum of Art


Vous avez beaucoup entendu parler de Molenbeek dans les media ces derniers temps, et sans même jamais y avoir mis un orteil, rien que le nom de cette commune de Bruxelles vous fait horreur et froid dans le dos.

J'ai marché dans Molenbeek à peine dix jours après les attentats, quand la police y patrouillait encore nerveusement et y arrêtait encore des présumés terroristes. Très sincèrement, il m'est souvent arrivé d'être dans une ville au moment où il s'y passait de tristes évènements, ou très peu de temps après. J'étais à Marrakech, quelques jours après l'attentat de la place Djema El Fnaa, à Alger alors qu'on égorgeait un français à quelques kilomètres de là, à Maseru, dans une ville dévastée par une guerre civile, au milieu des toits d'immeuble encore fumant, et même à Paris, au coeur des attentats qui ont meurtri notre belle capitale à plusieurs reprises ces derniers temps. Avec le net, toutes les récentes attaques terroristes ont fait saigner mon coeur, que ce soit en Asie, en Europe ou en Afrique. Mais la toute première date, le tout premier souvenir date du 11 septembre 2001. Je travaillais à l'époque à l'Ambassade des Etats Unis à Paris et j'ai vu mes collègues américains s'effondrer devant la télévision où nous suivions les événements en direct, hébétés et hagards... Mon insouciance a basculé ce jour là, à tout jamais. Depuis, je ne regarde plus les informations à la télévision, j'ai été traumatisée par les images en boucle des tours s'effondrant dans une poussière meurtrière. J'écoute la radio et je construis mes propres images.

Pourtant, j'ai décidé de continuer à vivre. Parce que j'aime la vie, parce que l'on ne sait pas quand nous devrons la quitter et parce que vivre c'est mourir de toutes façons puisque nous sommes programmés pour disparaître un jour, ou continuer le voyage ailleurs, autrement...

Bref, même si j'avais le coeur serré de peine en allant à Bruxelles, je n'ai pas un instant eu envie d'annuler ce voyage, malgré l'aéroport fermé, le métro fermé à partir de 19 heures et les nombreuses stations fermées même la journée, les militaires armés jusqu'aux dents et les chars postés dans toute la ville... Je n'ai jamais autant marché de ma vie, et je peux vous dire que Bruxelles, même située dans le plat pays, offre de belles côtes qui m'ont bien durci les mollets...

J'avais déjà visité Bruxelles de façon classique, et cette fois-ci, j'ai eu très envie de marcher dans Matonge, le quartier congolais et africain de Bruxelles, d'y découvrir des boutiques et des restaurants, ce dont je vous parlerai dans un prochain article.

Pendant ce salon, où nous avons été studieux (si, si, il y avait moult conférences et tables rondes), où nous avons découvert plusieurs villes de Belgique (j'ai eu la chance d'aller à Ostende, mais il y avait 8 autres blogtrips à Gand, Charleroi, Bruxelles, Dinant et Liège). Ma (re)découverte d'Ostende est ici.

Inutile de vous dire que lorsque les organisateurs du WAT16 auquel je participais nous ont proposé, lors de l'afterwork du mardi 5 avril, de visiter en avant première (avant même la presse qui ne visitera que le 13 avril) et dans le plus grand secret le nouveau musée consacré à la culture 2.0 de Bruxelles, situé dans le quartier de Molenbeek, j'ai sauté de joie !
J'avais quelques jours auparavant marché dans Molenbeek, comme j'aime marcher dans les quartiers de Barbès Rochechouart ou de Château Rouge 0 Paris et j'avais hâte de pouvoir découvrir ce musée dédié à l'art urbain.

Je n'ai pas été déçue.
Ce musée, installé dans les locaux de l’ancienne brasserie Bellevue, au bord du canal, pas très loin de  Tour et Taxis et de la Gare du Midi, présente une collection permanente d'oeuvres d'arts actuels : street art, punk, art 2.0, vidéo…datant des années 2000 à aujourd'hui, et une exposition temporaire, «City Lights», jusqu’au 28 août 2016

Voici toutes les coordonnées du Musée sur les réseaux sociaux:
http://www.mimamuseum.be
https://www.facebook.com/mimamuseumbrussels/
https://www.instagram.com/mimamuseum/
https://twitter.com/MIMAmuseum

Nous avons commencé la visite en nous goinfrant de pizzas (nan, pas des pizzas belges, mais des pizzas préparées par de véritables cuisiniers italiens) et de bière devant une oeuvre de Maya Hayuk, qui a aussi investi une partie du musée située sous une verrière, qu'elle a transformée en cathédrale de lumières et de couleurs. Pour en revenir aux pizzas du restaurant, je dois vous avouer que ce sont les meilleures que j'ai mangé de ma vie, la pâte est croustillante à souhait et celle aux épinards m'a laissé un souvenir inoubliable...

Mon gros coup de coeur, c'est dans le sous sol du musée que je l'ai eu, où se trouve exposée l'oeuvre de Swoon, une artiste américaine qui travaille sur des posters qu'elle colle un peu partout dans le monde. J'ai adoré le contraste entre la dentelle de ses papiers découpés, la finesse de son trait et les matières brutes et rugueuses sur lesquelles sont appliqués les posters. Et je n'ai pas été insensible à son inspiration haïtienne.
Un gros rouleau à prière coloré et inspiré à la fois du Tibet et des Etats-Unis du duo américano-canadien FAILE.

Une oeuvre de Momo, la vidéo qui explique la démarche créatrice de l'artiste m'a fascinée...

La tomate de Parra, des Pays-Bas, l'une des oeuvres de la collection permanente, il y a aussi des photos, de la céramique, des collages...
 La vue depuis le toit terrasse, on ne s'en lasse pas...
 Encore un collage de Swoon...
Un grand merci à l’équipe de Michel et Florence de Launoit, Alice van den Abeele et Raphaël Cruyt et tous les guides de ce soir, qui nous ont réservé le meilleur des accueils.

Vraiment, n'hésitez-pas à courir à Molenbeek dès que vous irez à Bruxelles, ce musée vaut vraiment le détour (et le quartier aussi).

vendredi 8 avril 2016

Carnet de voyage à Ostende en Belgique (blogtrip WAT16)


Début avril, j'ai participé en tant que bloggeuse à un blogtrip d'une (trop courte) journée à Ostende, en Belgique.  J'en ai profité pour faire un carnet de voyage, à toute vitesse, sur le temps de la journée.

O(o)stende se trouve en Flandre, où l'on parle flamand, contrairement à la Wallonie où l'on parle français. Située à un peu plus d'une heure de Bruxelles en train, c'est la plage du week-end, sur la côte de la mer du Nord. A la sortie de la gare, une multitude de vélos me laisse songeuse, moi qui ai parcouru la planète et utilisé toutes sortes de véhicules et de modes de déplacement mais qui ne sait toujours pas manier la bicyclette... Sur le long de la promenade, s'alignent des stands qui vendent du surimi et autres poissons séchés pour touristes. Sur l'autre trottoir, quelques poissonneries qui vendent du poisson frais. Mon coeur balance entre envie et écoeurement...


Nous commençons la visite de la ville sous le signe du Crystalship, plus grand festival d'art urbain d'Europe, que nous avons la chance de découvrir avec son fondateur et curateur, Bjorn Van Poucke, qui nous présente tout d'abord une création de l'argentin Elian, qui a construit une oeuvre géométrique sur la façade d'un ancien restaurant. Nous parcourons la ville, croisons tout d'abord Pixelpancho, un artiste italien, qui manipule sa grue devant un mur encore vierge de toutes traces. Puis, nous observons Eversiempre, autre artiste argentin, qui entame la peinture d'un immense visage sur la façade d'un immeuble en briques. Nous finissons devant un amoncellement de rongeurs de Roa, un artiste de Gand. Belle balade qui donne envie d'en voir davantage.

Avant d'aller déjeuner, nous flânons sur la promenade en bord de mer, en essayant d'éviter les cuistax, (véhicules à pédales, aussi appelés "Rosalie" sur la côte vendéenne française), et les "Rock strangers", oeuvre en métal rouge flou d'Arne Quinze.
Nous déjeunons à la Galerie Beausite. Mais hors de question de mettre les pieds sous la table, enfin, si, mais nous devons mettre la main à la pâte ou plutôt à la crevette. Deux kilos de crevettes grises fraîches nous attendent. Pour confectionner le risotto aux crevettes, salicorne (décidément, la Vendée me fait un clin d'oeil jusqu'en Belgique) et copeaux de parmesan, nous allons devoir décortiquer toutes ces crevettes. Moi qui ai l'habitude de les croquer toutes entières sans rien enlever ni jeter, voici un exercice de patience... Il faut exercer une torsion de la tête jusqu'à entendre un petit craquement, puis dégager la tête. Enlever la carapace sur le corp et extirper la queue. Heureusement que nos hôtes belges sont là pour nous montrer plusieurs fois la manipulation à faire et qu'ils participent au décorticage pour accélérer le processus.
Ann, la propriétaire des lieux, nous régale de bruscheta et d'une soupe de crevettes pendant que nous (enfin, pas moi, je dessine) touions notre risotto qui cuit doucement...
Dans la ville, une sirène semble appeler le marin au sommet du monument qui lui est dédié. Des mouettes font le va et vient entre les deux sculptures... Cela m'inspire un vol de mouettes d'un bout à l'autre de mon carnet. 
 
J'ai vraiment beaucoup aimé cette ville où j'étais déjà venue il y a une quinzaine d'années. Un grand merci à toute l'équipe de l'OT Visit Flanders et Visit Ostende qui nous ont dorloté toute cette journée.
Et merci aux autres bloggeuses pour cette chouette journée : Blandine (Mille découverte sur 4 roulettes), Pauline (Graine de voyageuse),  Laurianne (Un pied dans les nuages), Lucie (Voyages et Vagabondages), Audrey (Bom Dia Portugal), Sabrina (Voyages et Cie), et Sarah (French Kilt).

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